À partir de 2027, les consommateurs de bière et d’alcool au Vietnam vont voir leur porte-monnaie se vider un peu plus rapidement. Le gouvernement vietnamien a pris une décision radicale : augmenter les taxes sur l’alcool et les boissons fortement alcoolisées pour atteindre 90% d’ici 2031. Une mesure qui vise à réduire la consommation de boissons alcoolisées, mais qui pourrait également bouleverser un marché déjà touché par des changements de comportements.
Une taxe progressive sur la bière et l’alcool
La nouvelle législation votée par l’Assemblée nationale vietnamienne prévoit des hausses annuelles des taxes sur les boissons alcoolisées. Actuellement fixées à 65%, les taxes sur la bière et les alcools forts (plus de 20% d’alcool) augmenteront de cinq points par an à partir de 2027. Cela portera le taux de taxation à un impressionnant 90% d’ici 2031.
Les bières dont la teneur en alcool est inférieure à 20% subiront aussi une hausse progressive de la taxe, passant de 35% à 60% sur la même période. L’objectif est clair : inciter les Vietnamiens à réduire leur consommation d’alcool, un produit omniprésent dans la culture locale, tout en générant des recettes fiscales pour le gouvernement.
En parallèle, une nouvelle taxe de 8% sera appliquée dès 2027 aux boissons sucrées contenant plus de 5 grammes de sucre pour 100 millilitres, et cette taxe augmentera à 10% en 2028. Ces mesures visent à limiter les risques sanitaires liés à une consommation excessive de sucre et d’alcool.
La bière, une institution au Vietnam
Le Vietnam est le septième consommateur mondial de bière, un fait surprenant pour ceux qui ne connaissent pas bien la culture vietnamienne. Pourtant, avec une population de 100 millions d’habitants, la bière occupe une place de choix dans le quotidien des Vietnamiens. De nombreuses occasions sociales sont marquées par des toasts de bière, et la consommation d’alcool fait partie intégrante des rencontres entre amis, collègues ou familles. Cependant, cette situation pourrait bien changer sous l’effet des nouvelles taxes.
Depuis l’introduction en 2019 de la règle du zéro alcool au volant, les ventes de bière ont déjà connu une baisse notable, un phénomène qui a conduit les Vietnamiens à adapter leur consommation, privilégiant de plus en plus les boissons alcoolisées à domicile plutôt que dans les bars. Cependant, selon Dan Martin, un expert en affaires internationales, la culture de l’alcool au Vietnam reste profondément enracinée : “Ces mesures vont ralentir le marché, mais elles ne le condamneront pas”, précise-t-il. En effet, malgré l’augmentation des taxes, l’amour de la bière semble avoir des racines trop profondes pour être facilement ébranlées.
Des conséquences sur la santé publique
Si l’intention du gouvernement est de réduire les risques sanitaires liés à l’alcool, les chiffres parlent d’eux-mêmes : près de 41 000 Vietnamiens meurent chaque année à cause de la consommation d’alcool, un chiffre alarmant qui justifie, selon les autorités sanitaires, la mise en place de ces nouvelles mesures fiscales.
L’alcool est responsable de nombreux problèmes de santé publique, notamment des maladies cardiovasculaires, des troubles du foie et des accidents de la route. C’est dans ce contexte que l’augmentation des taxes sur l’alcool apparaît comme une réponse aux préoccupations sanitaires croissantes du gouvernement vietnamien.
Conclusion : un marché en mutation
Le Vietnam, avec sa culture profondément liée à la consommation de bière, se lance dans une expérimentation fiscale ambitieuse. Bien que ces mesures puissent entraîner une réduction de la consommation dans le pays, il est peu probable qu’elles éradiquent cette pratique bien ancrée. Si la volonté de réduire les risques sanitaires est évidente, les conséquences économiques pour l’industrie de la bière et l’impact sur le quotidien des consommateurs devront être surveillés de près dans les années à venir.

Thomas Langlois est rédacteur web spécialisé dans le vaste univers de la bière artisanale et traditionnelle. Passionné par les styles brassicoles du monde entier, des IPA houblonnées aux stouts torréfiés en passant par les blondes de fermentation haute, il met sa plume au service de la découverte, de la culture brassicole et du goût authentique.






